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Pedro
LEITAO

Blackout: Photographic Experiences

« Très tôt j’ai eu une passion pour les arts visuels, notamment la photo et le cinéma, comprenant plus tard une permanente association au monde digital. »

Quelques oeuvres

MONTREAL

RIVIERA VAUDOISE

PARIS

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LISBONNE

LISBONNE

Interview

Bonjour Pedro, peux-tu te présenter ?

Je suis né à Lisbonne peu après la fin de la dictature, je pars dès l’âge de 6 ans habiter à Paris dû à une maladie rare, à l’époque inconnue au Portugal.

Très tôt j’ai eu une passion pour les arts visuels, notamment la photo et le cinéma, comprenant plus tard une permanente association au monde digital.

Habitant entre plusieurs pays (Portugal, France, Irlande et Suisse), j’ai travaillé la plupart de ma vie entre l’informatique et le cinéma ou la télévision. En 2012 j’ai créé le PUFF-Portugal Underground Film Festival, qui tout comme moi, a parcouru le monde, ayant notamment eu des éditions partout au Portugal, mais aussi à New York ou à Sheffield, en Angleterre.

Depuis, je maintiens ma passion entre les voyages et la photo et je viens de créer un blog photographique pour partager cette passion.

Peux-tu nous parler de ta maladie ?

Pour te dire la vérité je ne me suis jamais préoccupé avec la partie médicale et technique de la maladie. Elle s’appelle Cystinose et c’est une maladie génétique rare avec plusieurs implications possibles à moyen terme.

Je me contente de prendre mes médicaments, qui je sais, sont à vie, et le reste je laisse faire la médecine. Depuis très gamin ça a peut-être été ma forme d’autoprotection.

Ta boulimie de découvrir le monde et les arts vient-elle de cette maladie rare ?

Oui, peut-être. D’une part l’éducation que ma mère (et mon père, même si j’ai jamais vécu avec lui), a toujours été tournée vers la culture.

Mais il est vrai que quand tu as une maladie et que dès enfant tu apprends que ton espérance de vie est, a priori, inférieure à celle de tes autres petits copains, tu t’attaches plus fort et gagne inconsciemment une soif de vouloir tout connaître et savoir.

J’ai commencé à prendre l’avion à l’âge de 1 an (à cause de ma maladie) et fais mes premières grandes vacances tout seul à l’âge de 19 ans (5 semaines aux USA), même étant dépendant de médicaments.

Mes parents m’ont mis leur appareil photo entre les mains à l’âge de 6 ans et à 14 je découvrais la passion pour le jazz (Coltrane, éternellement Coltrane) et le cinéma classique (particulièrement Orson Welles et Akira Kurosawa).

Ma curiosité envers d’autres horizons a donc été présente dès enfant, mais d’une certaine forme la maladie a impulsé encore davantage cette envie de découvrir.

Quelle est ton expérience professionnelle la plus marquante et pourquoi ?

J’ai commencé par le multimédia mais je ne me suis jamais trouvé très doué pour la chose (mdr). Avec un DEUG en communication (incomplet) et deux cours technique (multimédia et production audiovisuelle), cela m’a permis de travailler avec plus d’une dizaine de boîtes, et notamment d’avoir le privilège de collaborer avec les plus grands noms de la télévision et du cinéma au Portugal.

Cependant, ce fut pendant ma pire période (il y avait la crise financière de 2011 et j’étais au chômage) que j’ai eu mon expérience professionnelle la plus gratifiante. J’ai fondé le PUFF- Portugal Underground Film Festival. Ce fut un défi dont je ne me suis pas rendu compte au début.

En plus de la période de crise (et donc le manque de sponsors), le Portugal est encore un pays assez conservateur et donc le mot “underground” faisait peur et était très souvent associé au porno.

De plus j’étais tout seul au début et le projet était un festival qui se déroulerait dans trois villes “secondaires” (ni Lisbonne ni Porto) portugaises en simultané. Toutes les conditions étaient donc réunies pour que le festival n’existe pas.

Tu gères toujours PUFF-Portugal Underground Film Festival ?

J’ai une expérience professionnelle assez atypique.

PUFF n’est pas mort mais il est en stand-by. Après la première édition en 2012, il a voyagé au Royaume-Uni et à New York et s’est établi pendant un an dans un cine-bar à Lisbonne pour une séance hebdomadaire.

Mais en 2015, j’ai quitté le Portugal pour des raisons professionnelles et vu le manque de sponsors et de quasi-inexistence du ministère de la culture dans mon pays, j’ai été obligé de faire une pause.

Cependant je n’ai jamais voulu un festival régulier annuel et le projet a été fait depuis le début de façon à être flexible et adaptable.

D’autant plus que vu le succès à l’étranger (plus de 800 films reçus de 60 pays différents) et la quantité d’articles sortis juste avec une édition je ne peux que le maintenir en stand-by en attendant de nouvelles opportunités.

La photo semble être une vraie passion depuis plus de 20 ans. Qu’est-ce qui t’inspire ?

Mes parents m’ont mis entre les mains un appareil photo à l’âge de 6 ans.

Depuis, le goût pour l’image en général a grandi et la perception que tu as du monde évolue.

Cependant je n’ai jamais pris ça au sérieux, mais il est vrai que quand je marche dans la rue je regarde plus en haut qu’en bas (peut-être dû à ma petite taille… mdr!).

On m’a toujours dit que ce n’est pas l’appareil qui fait la photo mais le photographe. Moi je pense que c’est plutôt le point de vue. Deux très bons photographes avec un appareil photo pourri prendront très certainement deux très bonnes photos totalement différentes.

Il y a des domaines de la photo qui m’intéressent plus que d’autres et que je continue d’explorer mais je n’ai aucune formation dans le domaine et n’ai pas la prétention de devenir professionnel.

Quel est le pays où tu te sens le mieux et celui que tu n’as pas aimé et pourquoi  ?

Cela peut paraître cliché de dire que je me sens un citoyen du monde, mais ça a un sens. J’ai vécu dans quatre pays différents.

Je suis né à Lisbonne, fais toute ma scolarité à Paris et vécu 4 ans en Irlande et 2 en Suisse, et même si je ne renonce pas du tout à mes origines dont je suis fière, j’ai du mal à dire qu’un certain pays est le mien.

J’ai un amour énorme et une reconnaissance inqualifiable pour Paris, à qui je dois toute mon éducation et en grande partie, la personne que je suis aujourd’hui.

Cependant les 4 années que j’ai vécu à Dublin sont venues lors d’une période primordiale de ma vie et le fait d’avoir eu le privilège de travailler pour une multinationale comme Facebook m’a beaucoup enrichie.

Les Irlandais sont des personnes fantastiques et savent profiter de la vie. Très chaleureux et toujours avec le sourire aux lèvres. J’ai tendance à les surnommer de “portugais de nord”. En plus, l’expérience professionnelle que j’ai eue m’a apporté des challenges que je ne pensais jamais avoir (et surtout les surpasser) il y a à peine 6 ans.

Le pays qui m’a le plus déçu ce fut la Suisse. De par sa beauté naturelle, je n’arrive à trouver rien de positif dans un pays si isolationniste et égoïste envers les émigrants.

Quant au Portugal, j’ai beau dire que c’est le meilleur pays du monde mais où les mentalités ont vingt ans de retard, contrairement à la technologie et à toute une nouvelle génération avec un potentiel énorme.

Il faudrait leur donner plus d’opportunités de se montrer.

Qui sait… Peut-être pour la retraite. Une chose est sûre, je veux “reposer” dans ma ville natale qu’est Lisbonne.

Tu es polyglotte, tu parles 5 langues. Quelles sont les différences de cultures as-tu pu remarquer selon la langue parlée ?

Je parle 3 langues couramment et 2 autres avec un niveau moyen.

Cela est surtout dû au fait d’avoir habité plusieurs pays. Je ne dirais pas que la langue dans son pur sens linguistique change la culture et les coutumes des différentes populations.

Par exemple, je suis natif Français mais je peux te dire que les Français et les Suisses sont totalement opposées.

Le changement et la richesse individuelle de chaque culture et la façon de vivre des gens varient indirectement de la langue (intonation, geste, gastronomie), par exemple latines vs Germaniques, mais le climat, l’Histoire, aura le même effet.

Dans un monde global comme aujourd’hui, où l’Anglais est devenu une langue quasi obligatoire pour se faire comprendre, il y a encore heureusement des coins du globe, où tu as beau parler 10 langues, tu devras toujours te faire comprendre par des gestes ou des images.

Et heureusement que c’est comme ça. Cela veut dire qu’il y a des cultures résistantes à la globalisation et que le sens le plus authentique de l’être humain n’est pas mort.

As-tu des projets  ?

Je dirais oui et non.

Avec l’âge, j’ai tendance à prendre plus de temps pour moi et ceux que j’aime. Je n’ai plus la soif de vaincre et je me dis que parfois je perds beaucoup trop de temps avec des choses qui n’aboutiront à rien.

Peut-être que le fait de défendre une certaine contre-culture et de ne pas aimer une prolifération d’une culture de masse abrutissante à fait en sorte que je sois aujourd’hui un défenseur du “je-m’en-foutisme”.

Je me permets pour cela de me reporter à un livre que je lis en ce moment (L’art subtil de s’en foutre de Mark Manson), qui va contre la théorie de la spirale du feedback négatif. On devient trop stressés avec qui nous sommes, névrotiques avec la vie des autres et l’image qu’ils se font de nous.

Avant, on se sentait une merde et cinq minutes plus tard on poursuivait notre vie normalement. Maintenant, tu vas te sentir mal parce que tu es mal, tu vas te stresser parce que tu es un stressé et ainsi de suite.

Ces deux dernières années (je pense que le décès de mon père y est pour beaucoup) je me suis dit que cela ne servait à rien de se prendre la tête pour des choses qui ne feront pas de nous des gens plus heureux, mais bien au contraire plus stressés et pas bien avec nous-mêmes.

Il est important de savoir distinguer ce qui est réellement un problème pour nous et « qu’est-ce qu’on peut s’en foutre”. Ce n’est pas une question d’indifférence mais de discernement.

Mais pour répondre plus concrètement à ta question des projets. Je n’en ai pas spécialement, mais deux mois avant de commencer à préparer le dossier du PUFF, je n’en avais pas non plus…

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